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Quelques jours après son retour dans son pays, il était inculpé de « propagande terroriste » et placé en détention préventive, pour être remis en liberté conditionnelle dix jours plus tard. Il fait malheureusement partie des nombreuses personnes arrêtées parce qu’elles couvrent de manière critique la reprise du conflit avec les Kurdes l’été dernier. Les opérations menées par le gouvernement contre des militant·e·s armé·e·s affilié·e·s au PKK dans le sud-est kurde de la Turquie, notamment dans la grande ville de Diyarbakir, sont ponctuées d’innombrables exactions. La police et l’armée font usage d’armes lourdes et de tirs de snipers, tuant des centaines de civil·e·s et provoquant des destructions à large échelle. La censure imposée sur cette guerre fragilise encore davantage les populations prises au piège. Les journalistes, les ONG et les avocat·e·s sont interdits d’accès et encourent des pressions, des violences et de longues peines de prison s’ils couvrent de manière critique le conflit.
A l'heure où nous mettons ce numéro sous presse, des milliers de personnes ont été arrêtées suite au coup d’État manqué du 15 juillet, notamment au sein de l'armée et de l'appareil judiciaire. Le président Erdoğan ainsi que plusieurs membres du gouvernement ont proposé de rétablir la peine de mort pour sanctionner les mutins. La reprise en main du pays laisse malheureusement présager d'un durcissement supplémentaire du régime envers toute forme d'opposition