« L’année n’en est qu’à la moitié, et l’Arabie saoudite a déjà exécuté près de 100 personnes – un triste record qui révèle le recours sans scrupules et illégal à la peine de mort par les autorités », explique Dana Ahmed, experte du Moyen-Orient chez Amnesty International.
Parmi les personnes exécutées entre le 1er janvier et le 22 juin 2026, au moins 61 avaient été condamnées pour des infractions liées à la drogue, notamment pour trafic de haschisch. « L'Arabie saoudite continue d'exécuter des personnes pour des infractions liées à la drogue qui, selon le droit international et les normes internationales, ne devraient jamais être passibles de la peine de mort. »
Exécutions en Arabie saoudite au premier semestre de 2026
Nombre de personnes exécutées à ce jour
0Nombre de ressortissants étrangers parmi les exécutés
0Personnes condamnées et exécutées pour des raisons liées au traffic de drogue
0
Parmi les personnes exécutées figuraient 39 ressortissant⋅e⋅x⋅s étranger⋅ère⋅x⋅s, notamment d'Éthiopie (7), du Pakistan (7), du Soudan (5), de Jordanie (4) et de Syrie (3). Vingt-deux d'entre elles étaient des ressortissant⋅e⋅x⋅s saoudien⋅ne⋅x⋅s.
L'Arabie saoudite figure toujours parmi les pays où le nombre d'exécutions est le plus élevé au monde. Amnesty International a recensé au moins 356 exécutions pour la seule année 2025, soit le double du chiffre enregistré en 2024, qui était de 122.
Entre janvier 2014 et juin 2026, les autorités ont ainsi exécuté 2 084 personnes. Les ressortissant⋅e⋅x⋅s étranger⋅ère⋅x⋅s ont été touchée⋅x⋅s de manière disproportionnée ; iels représentaient 75 % des exécutions pour des infractions liées à la drogue en 2024 et 78 % en 2025.
« Les ressortissant⋅e⋅x⋅s étranger⋅ère⋅x⋅s sont les plus touché⋅e⋅x⋅s par l'application aveugle de la peine de mort par l'Arabie saoudite pour des infractions liées à la drogue, souvent à l'issue de procès manifestement inéquitables »
experte du Proche-Orient chez Amnesty International
Tendance mondiale à la répression en matière de politique antidrogue
Le constat est inquiétant : au moins 63 ressortissant⋅e⋅x⋅s éthiopien⋅ne⋅x⋅s risquent d’être exécuté⋅e⋅x⋅s dans l’immédiat, et ce uniquement pour des infractions liées à la drogue. Les craintes pour leur vie se sont accrues après l’exécution, au début de cette année, de 7 Éthiopiens, tous condamnés pour trafic de haschisch.
La vague d’exécutions en Arabie saoudite reflète une tendance mondiale dangereuse, dans laquelle une politique répressive en matière de stupéfiants conduit de plus en plus souvent au recours à la peine de mort. La communauté internationale doit se prononcer sans ambiguïté contre ces exécutions illégales, et l’Arabie saoudite doit instaurer sans délai un moratoire sur l’application de cette peine cruelle et irréversible – ce qui constituerait une première étape décisive vers son abolition.