Le droit à la santé est un droit humain fondamental. Concrètement, cela signifie que toute personne devrait avoir accès aux soins de santé, y compris aux informations, à la prévention et aux traitements, indépendamment de ses ressources financières. S’il est bien connu que cet idéal n’est pas encore pleinement réalisé, il est moins souvent souligné que, en Suisse, l’accès aux soins reste fortement tributaire des moyens financiers et des privilèges. L’analyse de ProCoRe met en lumière le fait que la santé des travailleur·euse·x·s du sexe en Suisse est encore trop souvent négligée.
Une couverture sanitaire universelle implique que l’accès aux soins soit garanti pour touxtes et adapté aux besoins spécifiques. Des offres ciblées pour les groupes précaires, marginalisés et stigmatisés – tels que les travailleur·euse·x·s du sexe – sont indispensables. En effet, ces dernières rencontrent dans les dispositifs standards de nombreux obstacles : stigmatisation, discrimination, criminalisation, méfiance, manque de ressources financières, barrières linguistiques, isolement, absence de papiers ou d’informations. Parallèlement, leur santé est touchée de manière disproportionnée, avec des répercussions à la fois sur elles-mêmes, sur leurs client·e·x·s et sur la société dans son ensemble.
Des structures comme le « One-Stop-Zentrum » à Zurich, offrent un éventail complet de services gynécologiques (échographies, prélèvements, tests et traitements des IST, vaccinations, etc.) à faible coût ou gratuitement. Malheureusement, ces structures n’existent que dans un faible nombre de cantons. ProCoRe et la Coalition suisse pour les droits des travailleur·euse·x·s du sexe – qui compte Amnesty International parmi ses membres – appellent dès lors à la mise en œuvre de normes minimales cantonales pour garantir un système de soins complet, accessible et équitable.